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Rouler en hiver


Q uelques volutes de vapeur légère finissent de s’échapper des pots d’échappement qui viennent de se taire. Ils viennent durant quelques minutes de tenter de réchauffer l’air glacial. Mais ce ne sont que mes neurones engourdis qu’ils ont emplis d’une douce chaleur, celle du plaisir de rouler par un petit matin d’hiver.

A peine sorti de la maison, encore tout empli de sommeil, le froid a commencé son lent mais implacable travail. Il a commencé à s’insinuer par tous les pores qu’il a rencontrés. Pour autant, pas question de renoncer. J’ai décidé depuis longtemps d’en faire un ami, une de ces personnes dont tout le monde vante le caractère difficile mais qui peut se révéler si attachante par certains cotés.

Alors, je poursuis ma route…

 

Même la mécanique semble anesthésiée ce matin mais elle consent bientôt à s’ébrouer. Il est temps, en attendant qu’elle atteigne sa température de fonctionnement, de s’équiper pour affronter la mauvaise humeur de cet ami décidément si versatile.

Puis, j’entame mon tête à tête par la longue descente en roue libre qui a le gros avantage de laisser chauffer le moteur et de me permettre de prendre conscience du bon fonctionnement de mes terminaisons nerveuses. Bien vite, ce sont mes doigts qui subissent les premiers assauts. En première ligne, ils subissent la mauvaise humeur de mon ami dès les premiers hectomètres. Malgré les gants adaptés, ils me rappellent bien vite les lois de la biologie humaine : nous ne sommes pas tous égaux face au ressenti des températures.

Ce sont ensuite les courants d’air qui remontent sous la mentonnière du casque qui tentent de me dissuader de tenir tête. Non seulement ils me feront d’autant plus apprécier la douce chaleur des joues de mes collègues féminines en arrivant, mais en plus ils m’apportent l’odeur douceâtre de la rosée dans les champs, celle d’un feu de cheminée qui tente de lutter.


Voilà que c’est au niveau des cuisses que le combat se poursuit !

 

Des milliers de minuscules aiguilles viennent traverser mon pantalon trop fin et s’attaquent à mes muscles impuissants et trop exposés à leur assaut. Mes jambes paraissent bientôt faites d’un bois extrêmement dur et entravent toute mobilité sur la machine.

De chaque coté de la route, les champs laissent échapper une fine brume qui stagne à quelques centimètres du sol. Ici, grâce à mon ami, semblent se rejoindre la terre, l’eau et le feu pour former un doux manteau. Même le lac a revêtu son habit de fumerolles glacées sur son miroir immaculé.

Mais je suis déjà arrivé à destination. Il est temps de garer la moto et de constater une fois de plus la beauté des lois de la nature. Dans le froid, l’influx sanguin se concentre davantage vers les organes vitaux, dont en priorité le cerveau.

Est-ce pour cette raison que cette sensation d’être vivant est décuplée lorsque je déploie la béquille ? Que chaque matin, je ne peux m’empêcher de sourire en arrivant au travail ?

Merci mon ami ! Notre confrontation a été rude et loyale, comme toujours. Je savais à quoi m’attendre. Mais finalement tu m’as encore apporté une bien belle satisfaction: je me sens vivant!!! Du bout des doigts jusqu’au plus profond de mon cerveau…

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